En fait, cette difficulté est double : savoir où se mettre dans la queue, et savoir attendre. C'est une difficulté que l'on retrouve dans la vie courante, mais aussi régulièrement à l'école, où il est souvent demandé de se mettre en rang 2 par 2.

Mettez-vous à la place de l'enfant autiste. Se mettre en rang 2 par 2 peut être une source de panique à plusieurs titres.

En effet, il doit d'abord trouver avec qui se mettre en rang et, évidemment, les autres enfants trouvant facilement et très naturellement leur partenaire, et surtout très rapidement, et pour peu qu'il y ait un nbre impair d'élèves dans la classe, à tous les coups, il se retrouve tout seul. Finalement, pour lui c'est le jeu des chaises musicales ! La solution est bien sûr d'attribuer à l'avance un partenaire à l'élève autiste. Il est tout à fait possible d'organiser un système tournant, qui plaira aux autre enfants, ou bien tout simplement de lui indiquer avec qui se ranger.

L'autre écueil est de savoir, une fois qu'il a trouvé son 2e, à quel rang se mettre dans la queue. Eh oui ! Tout naturellement, les autres enfants vont se mettre à une place au fur et à mesure que la queue va se constituer, mais l'enfant autiste pas forcément. Alors là aussi, il convient d'anticiper et d'indiquer à l'avance à quel rang se placer. Certains auront même besoin que l'emplacement soit matérialisé au sol, par exemple par une marque à la craie. Ceci est valable quand il s'agit de se mettre en rang pour ensuite avancer tous en même temps vers un lieu déterminé.

Mais il y a aussi la difficulté à attendre son tour quand il s'agit d'avancer rang par rang ou 1 par 1. Là il y a en amont tout un apprentissage du tour de rôle, qui se fera à l'aide de jeux de toutes sortes. Mais, hormis cet apprentissage, la difficulté sera de toute façon amoindrie si l'enfant autiste peut visualiser à quel moment ça sera son tour. Il est donc important que la file d'attente soit bien constituée et que chacun respecte bien son tour. Pour certains ça peut suffire. Pour d'autres, il faudra utiliser un support visuel. Ça peut être un dessin de rangées que l'on barre au fur et à mesure que la queue diminue, ça peut être un système de cartes que l'on enlève, etc.

Comme vous le voyez, faire la queue est toute un apprentissage. Au début, si c'est trop difficile, on peut tout simplement prévoir que l'élève soit au 1er rang, mais attention à ne pas en faire une habitude, difficile à changer. Je pense qu'il vaut mieux utiliser la matérialisation au sol comme point de repère.

Tout cela me rappelle une difficulté qu'Antoine a eue en classe il y a quelques années. La maîtresse avait instauré un système de queue variable. Il s'agissait d'aller au bureau faire corriger l'exercice qui venait d'être fait. Le système de queue, c'était qu'il ne devait y avoir pas plus de 3 enfants à la fois dans la file d'attente ! Vous imaginez la suite... Panique assurée !