La classe de 3e s'est passée aussi bien que celle de 4e : même collège, dans lequel nous avons passé 4 années reposantes, même AVS et quelques nouveau camarades, pas d'incident ! Juste une des enseignantes qui n'a jamais su s'adapter à lui, mais ce n'est pas plus mal car il faut bien aussi qu'Antoine apprenne s'adapter à ces personnes-là car dans la vie, il en rencontrera beaucoup. Je n'aurais pas dit ça quand il était plus petit car cette adaptation de sa part aurait été impossible, mais maintenant qu'il a acquis énormément (auto-contrôle des émotions entre autres), il est capable d'apprendre à faire face à ce genre de situation, avec notre aide évidemment.

Antoine a obtenu son Brevet facilement avec la mention Bien. Pas de surprise ! Il a effectué son stage, contrairement à ce qu'on avait prévu, à la Médiathèque de notre commune. EDF ayant été plus long à repondre (positivement, merci à eux !), nous avons accepté la 1re réponse positive qui s'est présentée. L'avantage est qu'Antoine pouvait s'y rendre seul, à pied. Cela s'est merveilleusement bien passé : Antoine a apprécié les lieux, les tâches qu'on lui a fait faire, le personnel l'a chouchouté et il a également apprécié d'être en contact avec le public. Pour ceux qui s'en étonneront, je rappelle que les personnes avec autisme ne fuient pas forcément le contact. Beaucoup le recherchent, pas toujours avec succès, faute de compétences de communication adéquates. Le "repli sur soi-même" légendaire n'en est un que par conséquence, pas par choix. Donc, oui, il a apprécié les rencontres avec le public, occasion rêvée pour lui d'en faire facilement.

Il est retourné en colo, comme l'année précédente, avec le même thème, et il en a encore mieux profité car plus à l'aise avec ses pairs. Cette année, il n'a informé personne de sa différence. Je ne sais pas si les autres l'ont remarquée. Les moniteurs étaient bien sur prévenus eux, c'est tout de même indispensable.

Venons-en au lycée. En juin, nous avons rencontré lors d'une réunion au collège 2 proviseurs de lycées de notre secteur. L'un a peu d'effectifs, l'autre beaucoup (39 élèves par classe). Le 1er réflexe aurait été de choisir le lycée avec effectif réduit, même s'il a moins bonne réputation au niveau de l'enseignement. Mais, après l'évocation du syndrome d'Asperger d'Antoine, vu leur réaction d'inquiétude, on a vite renoncé pour se tourner vers l'autre. Car la proviseur de l'autre établissement nous a répondu avec un grand sourire qu'ils en avaient déjà un. RV a donc été pris pour accueillir Antoine au mieux : liste des camarades pour essayer d'en mettre une partie dans la même classe, liste des difficultés d'Antoine. Nous en avons d'ailleurs rajouté une : les exposés en groupe. Antoine ne sait pas se joindre spontanément à un groupe dans cette situation et se retrouve soit seul, soit avec ceux qui ne sont pas très intéressés. Donc sensibilisation à ce petit problème pour que les enseignants l'aident à choisir les camarades avec qui il préfère travailler.

Hier, la veille de la rentrée donc, nous avons appris qu'une AVS avait bien été recrutée. Elle accompagnera Antoine 10 h par semaine, comme l'an dernier. Par ailleurs, elle accompagnera un autre élèves du lycée, ce qui est l'idéal car, ne changeant pas d'établissement pour l'autre élèves, cela permet de répartir les heures d'accompagnement au plus près des besoins. Et, cerise sur la gâteu, suite à une conversation téléphonique avec elle, j'ai découvert qu'elle avait une maîtrise de sciences du langage. C'est une chance inouïe ! Je vais donc pouvoir la guider pour qu'Antoine développe ses habiletés sociales et de communication ! C'est vraiment une occasion inespérée. Cette rentrée se fait donc dans les meilleures conditions. Je mesure bien notre chance quand je vois malheureusement que nous sommes un cas plutôt exceptionnel. :( Je vous renvoie à la pétition... ;)

L'an dernier, nous n'avons pas complètement résolu le problème des devoirs à la maison. Antoine a toujours du mal à s'y mettre quand il est à la maison et les fait le plus rapidement possible. Ils sont bâclés. Nous avons donc convenu avec lui qu'il resterait au lycée après les cours  quand c'était possible pour les faire sur place. Contrairement au collège, il n'y a pas de "permanence" organisée ponctuellement et surveillée, ce qui limitait cette possibilité. Au lycée, une salle est disponible pour ceux qui souhaitent travailler au calme. Ceux qui ne prévoient pas de travailler dans un créneau libre disposent d'une autre salle. Antoine pourra donc aller dans la salle calme à volonté. Sinon, il a la possibilité d'aller à la Médiathèque avant de rentrer à la maison, toujours dans le même but. Cela a un double avantage : il pourra travailler sans être tenté par tout ce qui le distrait à la maison et faire des rencontres par la même occasion car de nombreux collégiens et lycées s'y installent pour bosser. Ceci est ce que nous avons prévu. Je ne sais pas s'il pourra s'y tenir, pour cause de fatigue principalement. Nous ne savons pas encore comment il va s'adapter au lycée...

Fin janvier, Antoine aura 16 ans (ouch, déjà ?). Nous pensons à la conduite accompagnée. Là aussi, nous avons un "tuyau". Le hasard des rencontres sur Internet a fait qu'Antoine a participé à un questionnaire pour un mémoire d'étudiant en psycho de master 2. Celui-ci a obtenu son titre de psychologue. La particularité de ce tout nouveau psychologue est qu'il est également propriétaire d'une auto-école pas trop loin de chez nous. Donc devinez... Celui-ci est intéressé pour s'occuper d'Antoine pour ses cours de conduite. Et oui, les habiletés sociales, ça se travaille aussi en voiture. Apprendre à conduire est également une occasion de travailler l'implicite, la reconnaissance du langage non verbal, qui est bien particulier lors de la conduite, d'autres habiletés sociales que celles que l'on rencontre dans dautres situations. Là encore, nous avons de la chance !

Voilà notre petit bilan annuel. Le conseil que je donne aux parents qui débutent dans ce parcours ou qui sont en difficulté, c'est de ne pas lâcher. Certes, tous n'ont pas les mêmes possibilités qu'Antoine, mais accrochez-vous, battez-vous ! Cela ouvre la voie pour votre enfant, mais aussi pour les autres, en contribuant à faire mieux connaître leur handicap et leurs possibilités. Rapprochez-vous des associations locales et n'hésitez pas à demander de l'aide aux instances officielles. Je vous souhaite le meilleur pour cette année scolaire qui démarre !