Beaucoup de nos enfants ont des difficultés pour écrire.

Il faut donc s'en préoccuper très tôt en les stimulant avec des activités adaptées à leur niveau. Il faut leur faire travailler la motricité fine et, surtout, ne pas hésiter à remonter en amont de ce qui leur est demandé quand ils ne réussissent pas ou refusent l'activité proposée. Sinon, le découragement risque d'être trop démotivant, pour eux comme pour les personnes qui les accompagnent. La stimulation peut se faire directement, mais aussi indirectement.

Pour trouver des idées d'exercices, je vous conseille d'aller sur le blog de Clémence (voir le lien dans la colonne de droite) où vous trouverez tout le parcours que sa maman Elise lui a concocté sur mesure.

A l'école, il ne faut pas sous-estimer ces difficultés. Attention à ne pas interpréter, surtout chez un enfant d'un bon niveau intellectuel, le refus d'écrire par de la mauvaise volonté ou de la paresse. Les enfants TED ont un développement très hétérogène et peuvent très bien réussir à compter jusqu'à 100 en MS de Maternelle ou savoir lire l'heure (comme mon fils), mais ne pas savoir fermer la fermeture éclair de leur manteau ou même tourner la poignée d'une porte. Un ado asperger, Luke Jackson, a écrit un livre que j'aime beaucoup (http://www.autismediffusion.com/PBSCProduct.asp?ItmID=2067463), dans lequel il dit que rien que de tenir son stylo il est fatigué ! Je reconnais bien là Antoine !

Mais ne pas conclure trop vite non plus qu'il ne sera pas possible à l'enfant d'écrire un jour. En ne sautant pas les étapes et en faisant preuve de patience, on peut arriver à un très bon résultat.

Ceci dit, il arrive tout de même fréquemment qu'une fois l'écriture acquise, l'effort fourni soit encore trop important pour que l'enfant autiste écrive aussi longtemps et aussi rapidement qu'un enfant ordinaire. Et si cet effort mobilise trop d'attention chez cet élève, celui-ci ne sera plus disponible pour le reste. Ainsi, toute sa concentration risque d'être utilisée pour l'écriture au détriment de la réflexion nécessaire à l'exercice.

Alors, il ne faut pas hésiter à adapter le travail en quantité. Au CP, où fréquemment l'enfant a des lignes d'écriture à faire chaque jour, il vaudra mieux que l'élève autiste n'écrive qu'une seule fois le mot demandé au lieu d'une ligne entière. Pour le coloriage, s'il s'agit d'un exercice codé, il suffira qu'il indique la couleur d'un trait ou d'un gros point. Le coloriage est quelque chose de très prisé chez les enfants ordinaires et est souvent utilisé comme une récompense par les enseignants. Mais pour un enfant TED avec des difficultés de motricité fine, un coloriage ça peut être un cauchemar ! On peut éviter les textes à recopier en les photocopiant.

En classe, il y a des quantités de moyens simples pour compenser cette difficulté. Le tout est surtout de faire part d'un minimum de souplesse et d'imagination.

Pour les élèves plus grands, l'utilisation d'un ordinateur est recommandée car la quantité d'écriture augmente avec le niveau des classes. Antoine a un ordinateur portable en classe qu'il utilise dès que le texte à écrire est trop long : donc pour les poésies,les leçons, l'expression écrite. Pour les exercices, ce sont souvent des textes à trous, ou des phrases courtes, il les écrit donc à la main. Et s'il s'avère qu'il fatigue en cours de route, il dicte les réponses à son AVS.

L'an prochain, il sera en 6e et la quantité de texte à écrire sera énorme. Je ne regrette vraiment pas d'avoir suivi le conseil de son ergothérapeute il y a quelques années de lui faire apprendre le clavier. Maintenant, il tape très rapidement et sans regarder ses doigts. Il est donc opérationnel pour le collège.